et un autre texte en rapport avec le spadassin, ne vous étonnez pas si vous n'en entendez pas encore parler, ce n'est que la première moitié...
la suite début Août...
( avec la petite musique qui va bien... )
et le beau texte de notre fier Ten Retni! :
"Bonjour mon jeune ami, que faîtes-vous donc ici? On ne vous a jamais dit qu'il était dangereux se se promener seul, dans l'éternelle nuit de la Cité des Ombres?
Parbleu, quelle tête vous tirez! Ne vous affolez point, je ne vous veux aucun mal! Je devine à votre mine étonnée que vous n'êtes pas un familier de cette ville.
Hein? Oui, je ne me trompe pas, bien sûr. Enfin, vous avez de la chance, je n'ai rien de prévu pour ce soir, et comme l'a dit le Poète Aveugle de la Cité des Labyrinthe, la nuit est bonne pour
s'égarer.
Allons, suivez-moi, et ne faîtes pas trop de bruit car, dans la Cité des Ombres, les pas doivent être des empreintes sur des coussins de cotons et les paroles des bribes de brise dans les branches
des arbres.
La Cité des Ombres doit être apprivoisée mon jeune ami : elle n'est que ruelles, canaux, avenues et venelles. Un inconscient peut facilement y chuter et l'on dit que ce qui tombe dans les eaux
noirs d'un canal, par accident ou par malice (et après tout, quelle différence dans cette ville où la vertu est déchéance), y demeure à jamais, endormi sous les algues, comme Ophélie l'est sous les
saules.
Mais trêve de pensées morbides, je ne veux pas vous effrayer : appréciez donc l'architecture de nos bâtiments : vous avez devant vous l'une des perles de l'Occident.
Ici, foin des ornements étranges de la Cité des Mages, nul énigme urbaine qui forme le commun de celle des Labyrinthe. Pas d'excès de fioriture gothique comme on en trouve chez les
Apostoliques.
Ici, ce n'est qu'un paisible ménage à trois alliant l'eau, la terre et la nuit.
Ici, vous ne trouverez que des quais déserts, des voies de traverses plongées dans les ténèbres, des passages couverts, serpentant sous des voûtes humides, abritant des chauves-souris, des ivrognes
et des rats.
Ici vous ne trouverez que des places encombrées de badauds, de voleurs, de voitures arborant des blasons centenaires, de marchands de rêves appâtant la foule de leurs promesses trompeuses. Vous
pourrez voir des palais de briques ou de marbres où dansent des robes incrustées de joyaux, des chemises brodées d'or et des masques d'ivoires aux nez de corbeaux.
Toutefois, ne vous laissez pas abuser car dans la Cité des Ombres, chacun, du plus pauvre des mendiants au plus puissant des nobles, a besoin de quelque chose pour vivre.
Mais voilà Mercutio qui s'en vient vers nous de sa démarche rêveuse. Comment? Vous le connaissez déjà? Vous avez déjà devisé avec ce cher garçon, ce poète, ce fou qui trifouille l'âme de notre
ville par ses errances continuelles de soulard lucide et de dormeur éveillé?
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